Trompeuses apparences
Nous mener en bateau, nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous embobiner... C'est le propre du cinéma de fiction. Se laisser convaincre par le "mensonge" du cinéma fait d'ailleurs du plaisir pour les spectateurs que nous sommes.
Mais pour que nous y croyions, les acteurs doivent être convaincants, faire corps avec leurs personnages. Et le plaisir n'en est que plus intense lorsque ce sont les personnages eux-mêmes qui changent de peau. Dans La princesse et la grenouille, la jeune Tiana se retrouve dans celle d'une grenouille; dans Planète 51, le capitaine Chuck Baker hérite du rôle de l'alien; et dans Wolfman, l'aristocrate Lawrence Talbot endosse la pelisse d'un loup-garou.
Mais la palme des apparences trompeuses revient sans aucun doute à Rien de personnel. Le premier long-métrage de Mathias Gokalp joue habilement avec nos perceptions et nous donne à voir la soirée organisée par la société Muller sous des angles très différents. Tout le monde joue un rôle dans cette critique sans concession du monde du travail qui se double d'une habile réflexion sur le cinéma.
Flash Forward : Liberté de Tony Gatlif
Pause musicale : The season of the witch par Dr John (BO des Blues Brothers 2000)
