La voie médiane
On peut souvent penser le cinéma mondial comme gravitant autour de deux pôles : le cinéma-art, souvent qualifié d'auteur, qui exprime la vision d'un artiste; et le cinéma-produit, objet de divertissement de masse, donc forcément spectaculaire. Entre les partisans de ces deux mondes, le dialogue est souvent difficile, voire impossible. Mais si elle n'est pas aisée, la conciliation est pourtant à portée de caméra.
Proposer une vision du monde singulière à travers un objet cinématographique puissant et populaire, c'est ce qu'ont réussi Yaron Shani et Scandar Copti pour leur premier long-métrage. Ajami est une immersion à la fois sauvage et sophistiquée dans la violence d'un quartier de Jaffa. Inspirée et fiévreuse, la mise en scène est au service d'une interprétation irréprochable et d'un constat accablant sur le cercle vicieux de la violence.
Dans un genre plus politique, Une affaire d'état réussit lui aussi à maintenir l'équilibre entre action et réflexion. Le film d'Éric Valette est en outre porté par des acteurs brillants, d'André Dussolier à Thierry Frémont en passant par Rachida Brakni. Par son réalisme et l'intelligence de son scénario, le film nous fait pénétrer dans les arcanes du pouvoir. Glaçant !
Au sommaire également : la sélection officielle du 63° Festival de Cannes
Flash Forward : Robin des Bois de Ridley Scott
Pause musicale : Sunshine of your love par Cream, extrait de la BO des Affranchis
